Politique de la Personne
Dans ce recueil darticles parus dans les revues personnalistes de lépoque, Denis de Rougemont sen prend aussi bien aux collectivismes totalitaires quau conformisme bourgeois et matérialiste, entretenant lillusion dune démocratie fondée sur lindividualisme.
Lauteur nous montre que la Personne se distingue radicalement de lindividu bourgeois, égoïste et prêt à céder aux mythes totalitaires. La Personne est en revanche, dans le sens des penseurs protestants, un homme ayant reçu du Divin une vocation inaliénable, qui fonde sa liberté et sa responsabilité, bases de son engagement dans le monde et des liens qui lunissent à la communauté de ses semblables.
La crise de civilisation contemporaine nous a fait perdre, nous dit lauteur, le sens de la Personne, donc de lhumain. Nous ne pourrons le rétablir que par une critique des mythes modernes et par une politique qualifiée de « pessimisme actif » qui met laccent sur les finalités de nos actions individuelles et collectives. Si, en termes de finalités, nous voulons favoriser lépanouissement de la Personne, nous devons adopter des institutions qui partent delle et remontent de bas en haut suivant une logique fédéraliste.
Je Sers, Paris, 1934.